"Expatrié": un terme trop cliché pour la Génération Y - Dépasse tes Frontières
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Génération « Y » expatriée, comment être à l’aise avec ce terme rempli de clichés?

Que nous vivions hors de France car une entreprise « nous » a envoyée (nous et notre moitié !) ou que nous ayons décidé de notre propre chef d’aller tenter notre chance professionnelle au-delà des frontières, nous sommes toutes expatriées.

 

Non, pas moi !

Cependant j’imagine que comme moi vous avez rencontré des personnes qui vous répondent « ah nooon, je suis pas expat’, j’ai pas un package de rêve. Je bosse (moi) »… hmm hmm. Vous aussi vous avez senti un vent de sarcasme accompagner cette réplique ? Nous sommes d’accord. Dans les yeux de votre interlocutrice vous avez vu défiler entre deux éclairs : lingots d’or, maison de rêve en plein centre ville, chauffeur avec grosse berline, billets d’avion à volonté pour rentrer en France tous les ans, (même à la dernière minute) et un mélange de dédain et de méprise pour vous qui êtes « seulement » conjoint suiveur. Vous pour qui tout est forcément simple vu que vous avez été « envoyée ». Vous êtes donc (il parait !) assistée par l’entreprise. D’ailleurs, rien que l’expression « conjoint suiveur » donne envie de faire la moue. « Suiveur ». « Accompagnateur ». C’est drôle qu’il faille forcément nous donner un nom précis au-delà de « conjoint ». C’est comme si le monde expatrié cherchait à nous rabaisser avant même que l’on ait un pied dans l’avion. Comment voulez-vous que l’on ait confiance et que l’on accepte notre statut d’expatriée ?

Le malaise des expatriés « Y »

Lorsque l’on fait parti de la génération « Y », ce qui gène dans ce statut d’expatrié c’est le mot « expat’ » lui-même et ses clichés un peu dépassés. Forcément lorsque l’on est « conjoint accompagnateur » on hérite d’une nouvelle vie et de (non) considérations de la part de nos concitoyens qui eux travaillent dur dans ce nouveau pays. Il y a le fameux : « Ca va ? Tu ne t’ennuies pas ? ». Ensuite il y a cet œil un peu condescendant lorsque notre interlocuteur comprend qu’on ne gagne pas/plus notre vie. (Déjà que nous avons du mal à assumer d’avoir dit au revoir à notre indépendance financière, c’est toujours agréable que l’on vienne nous le rappeler. Si ça vous intéresse, j’ai un article sur le sujet d’ailleurs.) Et le coup de grâce est tout de même donné lorsque nous avons en face une personne qui pense que ça nous indiffère de « ne rien faire » de nos journées. Que l’on est inconsciente de ne pas penser à notre futur : « A mais du coup tu ne cotises pas ? Hann, moi je pourrais pas»……… Comment vous dire ? Oui c’est stressant, et non ce n’est pas de bon cœur que l’on ne « fait rien ». Car on est loin de ne rien faire, au contraire !

Historique de l’expatriation

Le fait est que l’expatriation a évoluée. Il y a trente ans, les entreprises peinaient encore à trouver des collaborateurs qui acceptaient de partir loin avec femmes et enfants sous le bras. (Oui à l’époque, rares étaient les femmes qui partaient en mode chef de famille suivie de leur mari et de leurs bambins. Elles sont 9% maintenant. On est loin de la parité. mais on progresse pas à pas.) Pour convaincre, les entreprises avaient besoin d’un package attractif. Il fallait « dédommager » le sacrifice fait par la tribu aventurière. Le salaire couvrait largement les dépenses familiales et le « conjoint accompagnateur » ne travaillait que rarement, s’occupant de la bonne acclimatation de sa progéniture (et de la sienne). Les traits de la vie expatriée ayant été grossis au fil des années, nous sommes arrivés à la caricature d’une vie oisive entre club de sport et manucure.

Et la génération « Y » est arrivée…

Les échanges scolaires internationaux et autres programmes Erasmus nous ont tous poussés hors de l’hexagone pour minimum un semestre. Les technologies ont rendu la séparation avec les proches moins pénible.(On est forcément moins en manque lorsque l’on se whatsapp au quotidien que lorsque l’on attend une lettre qui met 1 mois à arriver.) Suite à l’étude HSBC Expat Explorer de 2016, 27 000 expatriés de 190 pays différents ont confirmés que la génération Y marquait un tournant dans l’expatriation. 43% de cette génération née dans les années 80-90 s’expatrie afin d’accomplir de nouveaux défis professionnels (contre 38% des 35-54 ans.) Plus de la moitié de la génération Y affirme que quitter son pays a engendré une vie professionnelle plus épanouissante. Les entreprises ont bien perçu la nouveauté. Pourquoi continuer à dépenser sans compter pour faire venir des personnes qui sont désormais avides d’expérience à l’étranger ?

… et elle prend sont temps

Parallèlement, la génération Y ne brille pas par son empressement à avoir des enfants. L’INSEE indiquait en 2015  que les femmes avaient en moyenne leur premier enfant à 28,5 ans, soit 4,5 ans plus tard qu’en 1974. L’explication? Hommes et femmes travaillent dur. On a certes tous envie de saisir cette opportunité de travailler à l’étranger. Cependant, partir en couple n’est plus synonyme de « parenthèse professionnelle » pour celui qui ne décroche pas un contrat en premier. L’accompagnateur (ou quelque soit le nom que vous lui donnez) souhaite continuer à s’épanouir. En effet, 80% d’entre eux souhaitent travailler pendant leur expatriation. (source: enquête Expat Communication 2017.) Il n’a pas le droit au Visa ? Soit. Il ne se laisse pas abattre. Monter son propre business, reprendre une formation pour anticiper le retour, s’adonner à une passion: le conjoint expatrié est plein de ressources. Il profite certes d’un confort de vie matériel qui y est parfois propice, mais il met surtout sa fierté de côté à ne pas participer aux dépenses de la vie commune (ce qui est le principal motif de recherche d’emploi en expatriation pour 11% des conjoints souhaitant retravailler.)

Plusieurs contextes, mais un seul but

Et puis il y a les membres de la génération Y qui avaient envie vaille que vaille de venir goûter aux joies de la vie à l’étranger. Ceux qui sont venus en contrat local et/ou qui ont trouvé un travail sur place après plusieurs semaines de recherches et d’adaptation aux us et coutumes locaux. Selon l’enquête d’Expat Communication, 23% sont en contrat local.

Quelque soit le contexte dans lequel on est parti vivre loin, le choc culturel intervient. Il n’épargne personne. Il nous prend simplement à différents moments et à différents degrés. Ce mal peut revenir à plusieurs occasions de manière plus ou moins forte, mais il est là. Il fait parti du package. Le package que toute personne partant vivre hors de son pays a. Expatriée via une entreprise ou pas. « Accompagnateur » ou «aventurier autonome », nous seuls pouvons nous préparer à ce sentiment étrange de ne plus être à notre place. Donc oui. Nous sommes tous des expat’. Et oui il peut y avoir des éléments facilitateurs. Mais au fond, nous passons tous par les mêmes cases de coups de blues. Donc vade retro préjugés et sentiments d’infériorité. Nous sommes tous à la même enseigne.

L’important est de savoir pourquoi nous sommes ici. Savoir ce qui nous a poussé à faire ce grand saut. Savoir ce que nous comptons réaliser pendant ces quelques années. Avoir en tête nos motivations, nos buts, nos objectifs et mettre tout en œuvre pour les réaliser. Maintenant que nous sommes là, le but est de retrouver sa place et de s’épanouir n’est-ce pas ?

Agissez !

Si vous n’arrivez pas à définir clairement pourquoi vous êtes venue vivre ici et que vous tournez en rond. Si vous sentez que vous avez du mal à retrouver votre place dans ce nouvel environnement et que de choc culturel vous êtes passée à un état de blues persistant, n’hésitez pas à prendre contact avec moi afin que nous discutions de votre situation, ou encore lire cet article sur l’impact que l’expatriation a sur la confiance en soi.

Je reste à votre écoute. L’expatriation est un cadeau! La vivre pleinement est bien trop important pour ne pas s’y employer à 200% !

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